Le contexte du monde de Projet Résurgence, raconté par ceux qui y vivent.
Une Aube Nouvelle Informations sur le monde
Disclaimer
Le contexte n’est pas rédigé comme un mur d’information rigide, mais plutôt comme un ensemble d’histoire écrite du point de vue de personnages qui, en théorie, partagent la même vision de ce nouveau monde que vous. Il a été rédigé de la sorte dans l’idée de vous permettre une immersion dans l’univers. Pour les plus puristes d’entre vous, un récapitulatif des informations est disponible dans un fil à la fin.
Introduction
“Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître, et c'est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres.” (Antonio Gramsci)
Les Monstres, nous les connaissons bien, hantant nos existences depuis l’aube de la civilisation, ces entités aux serres acérées ont de tous temps mené nombre d’empires à leur perte par leur cupidité, leurs ambitions ou leur violence… Et malgré la résilience du genre humain, il semblerait que pour une fois… ils aient presque réussi à nous faire disparaitre…
Nous sommes à l’Aube nouvelle du 24e Siècle, le monde que vous avez connu chers lecteurs n’est qu’un lointain souvenir.
Que s'est-t’il passé ? Quand sommes-nous ? Où en sommes-nous ? Je vous propose de le découvrir dans quelques histoires où vous serez non seulement le spectateur mais aussi la future plume…
Chronique I
Mer d'huile
Raconté par Mikhail.
Mer d'huile
Mikhail était penché sur son bureau, le bruit des gouttes d’eau tombant contre le sol de la coque en métal résonnant dans tout l’habitacle. On pouvait sentir une forte odeur de rouille dans tout l’intérieur de ce vieux sous-marin russe en Cale Sèche. Le nom de l’appareil n’était plus visible nulle part, l’engin était dans un état de délabrement avancé, néanmoins il servait de quartier général pour le groupe de Mikhail. L’Engin était à quai dans le port de Vladivostok, ancienne ville portuaire de l’Est Pacifique russe n’étant désormais plus qu’une forêt urbaine délabrée parmi tant d’autres.
Mikhail était le capitaine de ce bâtiment, du moins en titre, en effet le navire n’avait pas bougé d’un poil en plus de 200 ans, ce qui ne manquait pas d’en énerver l'intéressé dont l’arrière-grand-père n’avait cessé de lui raconter les prouesses dans sa jeunesse.
Il pouvait néanmoins compter sur le soutien de son “équipage”, une bande de survivants tenant plus du groupe de bandit qu’une véritable force armée.
Il était en train de rédiger une nouvelle page dans son journal de bord, une qui allait s’ajouter à la longue pile tenue par lui et ses ancêtres. L’air un tantinet abattu, il poussa un soupir avant de commencer sa rédaction…
29 décembre 2302, cet hiver est moins rude que ceux des années précédentes, le printemps qui se profile promet d'être doux.
Avant-Hier, l’expédition que j’avais envoyée vers Chongjin au Sud est revenue avec suffisamment de vivres et de matériel pour tenir jusqu’au printemps, certains trouvé en chemin, d’autres extorqués aux survivants locaux, On ne comprend pas ce qu’ils disent mais au moins quand on leur montre nos armes ils sont généreux.
Malheureusement, un des chevaux a dû être abattu après qu’il ait attrapé une engelure sur une patte, je pense suspendre les expéditions pour le reste de l’hiver.
A ma requête ils ont aussi ramené des pièces de rechange pour le sous-marin. J’ai passé les deux derniers jours à changer les équipements dans l’espoir que le sous-marin se décide enfin à démarrer ne serait-ce qu’une seconde… mais rien.
Quoi que je fasse, toutes les pièces électroniques de l’ancien monde sont inutilisables, on n'est même pas fichu de faire fonctionner des radios…
Entretenir ce sous-marin devient un calvaire, je me demande si je ne ferais pas mieux d’organiser un déménagement, le théâtre de Mariinsky pourrait être une bonne base, il est en “bon” état et en hauteur, parfait pour nous protéger d'éventuelles attaques de survivants.
J’ai besoin d’une bonne nuit de sommeil, demain après mon réveil, je prendrai une décision et je l’annoncerai aux autres, Grand Papa où que tu sois, porte-moi chance…
Chronique II
Battre le fer quand il est chaud
Raconté par Sverker.
Battre le fer quand il est chaud
Le soleil estival tapait fort sur le bitume éclaté, parsemé de racines et de nids de poules qu’arpentait Sverker, le jeune forgeron d’un groupe de survivants local.
Il vivait dans un petit village au nord de ce qu’on appelait autrefois la Suède avec quelque quarante autres personnes. La communauté s’était installée ici il y a un peu plus d’une génération, les hivers étant enfin devenus plus propices à la survie.
L’été arrivait à sa fin, le village allait avoir besoin bientôt de nouveaux outils pour passer l’hiver. Sverker allait devoir passer les prochains mois à la forge et, comme aujourd’hui, aller à la récolte de matière première pour l’alimenter.
Il avait près d’une demi-journée de chemin devant lui sur les routes délabrées qui menaient à l’ancienne ville minière de Kiruna. Ces routes qui permettaient autrefois de traverser rapidement le paysage étaient désormais aussi efficaces que de vulgaires chemins de terre. Sverker devait constamment contourner les carcasses de voitures et les racines de sapin perforant la chaussée de part en part.
Il marcha pendant une quinzaine de minutes sous le soleil de plomb avant d’arriver à la rivière qui coupait la route vers Kiruna. Le pont s’était malheureusement effondré avec la dernière période de givre, seuls quelques barres métalliques et poteaux en béton visibles au-dessus de l’eau permettaient de deviner l’ancien ouvrage.
Heureusement les membres du village avaient prévu le coup, Sverker s’approcha de la berge sur la droite du pont, où l’attendait soigneusement un canot attaché à une corde qui traversait la rivière, attachée entre deux sapins des deux côtés. Après une rapide traversée, il sécurisa le canot sur le rivage, s’empara à nouveau de son grand sac et reprit la route. Il lui fallut près de deux heures de marche avant d’apercevoir les ruines en piteux état de l’ancienne ville minière.
La ville semblait déserte, mais Sverker savait que les apparences pouvaient être trompeuses. Il avait entendu nombre d'histoires sur les habitants de ce genre d’endroit, c’était une des raisons pourquoi son groupe était tant isolé. Le bruit de ses pas faisait écho entre les vieux logements sociaux décrépis des deux côtés de la route et bien qu'à cran, il baissa sa garde à la vue du périmètre grillagé qui marquait la mine.
La Vieille Mine était à l’abandon, des engins de chantier et autres camions de transport étaient à l’arrêt complet sur la route et prenaient la poussière depuis des centaines d’années. L'arrêt de ces machines semblait avoir été brusque, certains véhicules avaient même dévalé les pentes pour former des îlots de machines dans le ravin inondé de la mine.
L’activité de la mine s’était arrêtée presque brusquement, tellement brusquement que Sverker n’avait aucun effort à faire pour récupérer le métal nécessaire à sa forge. Il se dirigea vers l'entrepôt de stockage de la mine où l’attendaient d’énormes monticules de granulats de minerais de fer prêts à aller en fourneaux. Il s’empressa de saisir des pierres une à une pour les ranger dans son sac. Une fois celui-ci rempli, il attrapa une des sangles avant de le soulever non sans difficultés.
Il n’avait plus qu’à faire le voyage retour maintenant…
Chronique III
Le Trésor de l’Aral
Raconté par Azat.
Le Trésor de l’Aral
Une brise douce et iodée venait frapper le visage d’Azat, perché sur le haut de son épave, le jeune pêcheur observait l’immense étendue d’eau qui parcourait l’horizon devant lui. L’air était doux en cette belle matinée et Azat se reposait sur la carcasse qui lui servait de maison, à l’ombre d’un magnifique genévrier.
Il se voyait rêvasser, porté par le bruit des vagues, l’odeur des embruns et du chant des mouettes qui parcourent le verdoyant delta Sud de la Mer d’Aral.
Mais pas le temps de rêvasser ! Aujourd’hui, c’est jour de pêche !
Azat se leva d’un bond, avec l’énergie d’un lion, s’empara de son filet de pêche et d’un sac et descendit les marches de son domicile improvisé.
Il se dirigea alors en direction d’un ponton en bois où était attaché un petit bateau affublé d’un moteur relativement étrange. En effet, l’engin semblait artisanal de bout en bout, avec des tuyaux dans des angles étranges et des couches de graisse odorante sur les jointures.
Il ouvrit dans l’embarcation un petit tiroir d’où il retira une jarre en verre poussiéreuse, remplie d’un liquide jaunâtre. Alors qu’il dévissait le couvercle, le pêcheur fut frappé de plein fouet par une forte odeur de soufre, ne manquant pas de le faire tomber par-dessus bord. Avec précaution, il versa une partie du liquide dans un réservoir attaché à l’étrange machine et se mit à tourner avec ardeur une manivelle jusqu’à ce que l’engin pousse un bruit étourdissant, il avait démarré !
L’embarcation, après avoir été détachée, s’éloigna de la côte avec la conduite adroite du jeune pêcheur, le visage de celui-ci éclaboussé par l’eau fraîche de cette mer immortelle.
Quelques minutes suffirent à Azat pour atteindre un point de pêche propice. Il pressa un interrupteur et le moteur vint se stopper doucement. Il agrippa alors l’engin, s’assurant de ne rien laisser glisser. Son moteur lui avait en effet coûté une fortune dans un bazar des terres au Sud, il avait dû l'échanger contre presque un mois entier de denrées alimentaires, heureusement que le climat n’était pas rude…
La pêche était relativement bonne, et après seulement une heure l’embarcation était déjà remplie de poissons de toutes les tailles. Alors qu’Azat rêvait d’avance de son copieux repas du soir, des bruits semblables au tonnerre se firent entendre au loin. Il se retourna brusquement et aperçut alors un groupe d’embarcations de tailles diverses arborant un drapeau noir filant à toute vitesse dans sa direction.
Le malheureux n'eut même pas le temps d’installer son moteur, qu’une balle vint percuter l’engin et le fit tomber à l’eau. N’ayant aucune chance de fuite, le pauvre pêcheur se dressa sans attendre et haussa les mains, prononçant quelques prières de désespoir.
Le jeune homme fut rapidement encerclé par les navires des forbans, des armes d’origine diverses furent pointées dans sa direction, le cliquetis des verrous et crans de sûreté résonnant sur l’eau.
Deux hommes descendirent avec des lames rouillées et commencèrent à transférer le poisson vers leurs bateaux sous les supplications d’Azat. L’un deux s’esclaffa de rire et gloussa d’un ton sarcastique…
Désolé ! C’est la taxe l’ami
Chronique IV
Lorsque l'eau monte
Raconté par Johanna.
Lorsque l'eau monte
Johanna était tranquillement assise sur un balcon, les articulations douloureuses de l’omniprésente humidité de la vieille ville d’Amsterdam. Elle préparait à l’avance quelques caisses de matériel pour des livraisons à divers groupes de survivants.
Après quelques minutes d’effort à bouger les caisses Johanna s’asseya et sortit un bout de tissu de la poche raccommodée de sa veste pour s'essuyer le front. Elle poussa un soupir et se leva, parcourant les pièces aux murs recouverts de moisissures de l’appartement qui lui servait de planque. Après une session d’escalade dans la cage d’escalier miteuse du bâtiment, elle s’engagea sur un échafaud de bois humide qui menait au dehors, sur les quais.
La Rue d’autrefois était désormais sous l’eau, comme le reste de l’ancienne capitale hollandaise et ses alentours. Sans entretien et personne pour empêcher l’eau de s’engouffrer il n’a été question que de quelques dizaines d’années avant que les canaux débordent et recouvrent toute terre en dessous du niveau de la mer. Cependant il restait quelques communautés autour des anciens moulins qui maintenaient certaines parties du territoire au-dessus de l’eau. Ces communautés isolées devaient compter sur les passeurs, des bateliers marchands, naviguant d'îlot en îlot pour le commerce, une relation symbiotique en quelque sorte.
En ce début d’après-midi, c’est dans un îlot similaire que Johanna avait rendez-vous avec son contact pour une livraison de matériaux divers en échange de quelques vivres que les locaux faisaient pousser. Sans attendre, elle sauta dans sa barge, empoigna la rame et poussa de toutes ses forces pour détacher l’embarcation du quai.
La navigation dans le vieux canal était tortueuse, elle devait soigneusement piloter la barge pour éviter les arbres, les carcasses de voitures, de vélo et les nombreuses plantes aquatiques. Elle ne pouvait s’empêcher d’observer les bâtiments alentour, de rêver à comment les gens vivaient autrefois, observant les meubles flottant dans les roseaux des anciennes terrasses à café…
Tout à coup l’embarcation s'arrêta d’un choc soudain, Johanna perdit l’équilibre, laissa maladroitement s’échapper la rame et chuta dans l’eau. L’eau fraîche de ce mois d’août vint donner des frissons à la jeune femme. Après quelques minutes de débâcle elle réussit à remonter sur le navire et s'empressa d’investiguer la raison de l’arrêt soudain.
Elle poussa un soupir en voyant que la barge s’était bloquée contre une grosse baignoire remplie de plantes qui avait dû dériver avec les courants. Elle empoigna la rame qui se trouvait à ses pieds et lutta péniblement plusieurs minutes pour déloger le meuble écaillé hors de sa route.
Une fois la tâche terminée, Johanna poussa un long soupir de soulagement et put enfin reprendre sa route.
Chronique V
Au Chevet de Shanghai
Raconté par Mei Ling.
Au Chevet de Shanghai
Le Soleil venait se cacher derrière les gratte-ciel délabrés, les derniers rayons chatouillant le visage de Mei Ling, alors perchée sur le toit de son abri. La jeune fille observait l'horizon, emmitouflée dans une veste de cuir un peu trop grande, les jambes croisées et à moitié habillées d'un collant bleu décoloré, troué d'un peu partout. Malgré son jeune âge, c'était une fille débrouillarde et habituée à la rude vie de butineur dans les ruines de Shanghai.
Une cloche sonna dans l'immeuble pour indiquer l'heure d'aller dormir et pour tout le monde d'aller dans ses appartements respectifs.
Avec un peu de réluctance, elle descendit depuis une trappe dans son logement rudimentaire et d'un coup d'interrupteur vint allumer une ampoule d'un jaune pâle. Elle se jeta sur le matelas dénudé et rapiécé qui lui servait de lit, vint s'adosser contre le mur et sortit un petit journal d'un tiroir à côté et se mit à écrire maladroitement à l'aide d'une mine de graphite.
Encore une journée monotone. Je suis allée butiner avec Lian dans la région Sud de la ville, on a pu ramener quelques petites choses à droite à gauche, mais plus le temps passe et moins nous ramenons de matériel de nos expéditions.
Les membres du conseil commencent à envisager une migration dans une autre région, ou plutôt les rumeurs qui circulent sur ce que dit le conseil.
Le Syndicat des Butineurs à tenu une réunion en début d'aprèm, demandant à tous de redoubler d'efforts lors des prochaines récoltes. Comme d'habitude, ils demandent aux autres des efforts alors qu'ils passent leur temps à compter nos gains le cul dans des chaises.
Pendant la réunion j'ai pris la parole brièvement pour demander pourquoi on n'irait pas chercher du côté de la zone interdite. Je n'ai même pas eu le temps de finir mes questions, qu'on m'a fait comprendre que je posais trop de questions et que cette zone était tout simplement interdite et qu'aucune remise en question de leurs paroles ne saurait être tolérée. Une bande de pète-cul ces gens là.
Ca fait un moment que je fais des recherches sur cette zone, je suis déjà plusieurs fois passée devant et je n'ai jamais vu quoi que ce soit d'extraordinaire, à part la présence systématique d'anciens points de contrôles sur tous les axes routiers autour de la zone, avec de grands panneaux rouges et blancs. La plupart sont illisibles, mais j'ai pu lire le mot quarantaine une fois.
Avec mes enquêtes j'ai entendu beaucoup de choses. D'après des vieux butineurs, mon grand-père était parti là-bas contre les ordres du syndicat et n'a plus été revu depuis,. D'autres butineurs parlent de malédiction. J'ai eu vent aussi de survivants qui passaient dans la zone par mégarde et qui ont été tous retrouvés morts quelques jours plus tard, ils ont été incinérés mais j'en sais pas plus. Le syndic a fait taire ces rumeurs assez vite. Je les soupçonne de cacher quelque chose.
J'ai réussi à cacher un peu d'équipement pour ma pomme dans une planque en dehors du campement, j'ai de quoi partir incognito en expédition sans que le syndic s'en doute. Demain c'est décidé, j'en aurais le coeur net, je découvrirai enfin le secret de cette zone de malheur…
Chronique VI
Le Lion ne s'associe pas avec le cafard
Raconté par Le Général.
Le Lion ne s'associe pas avec le cafard
Dans un silence de plomb, le vieil homme s'avança dans la tente improvisée sous le regard attentif de ses subordonnés. Vêtu d'une vieille tenue militaire encore en état, la main sur un étui à pistolet d'un cuir reluisant, il se racla la gorge et se pencha sur la table au centre où se trouvait une carte de la région.
Namubiru, rapport des éclaireurs s'il te plaît.
Namubiru se redressa d'un coup sec, comme au garde à vous.
Les Forces d'Odongo sont retranchées vers Kalungu, camarade général !
Bien, cet idiot est à bout d'options, tu remercieras tes éclaireurs de ma part, ils auront le droit à des rations supplémentaires après la bataille.
Le vieux chef de guerre semblait se relaxer légèrement, il se tourna vers le lieutenant placé à sa gauche.
Akabwai, quel est l'état de nos forces actuelles ? Sont-elles prêtes à l'offensive ? J'espère que tu n'as pas oublié de te coordonner avec Kisombo, cette tête brûlée serait capable de foncer sans ton appui…
Nos Forces sont prêtes camarade général, tous les groupes ont reçu des munitions, nous avons même fait venir un mortier que nous avons trouvé dans un vieux dépôt militaire caché dans la jungle. Je dois malheureusement vous informer que nous avons perdu une dizaine d'hommes dans une échauffourée au Nord, les troupes de votre frère semblent avoir rencontré des difficultés avec un seigneur de guerre local.
Mon Frère ? Dans quelle merde s'est-il encore fourré celui-là, comme si nous n'avions pas assez de problèmes… Et tes troupes ? Qu'en-est-t'il ?
Mon bataillon est prêt à l'attaque, je me suis coordonné avec Kisombo ce matin, il occupera les forces d'Odongo frontalement au Nord de Kalungu pendant que mes forces frapperont à l'est depuis Mabuye pour le prendre à revers.
Le vieil homme vint se gratter le menton. Semblant en pleine réflexion, il observait la carte avidement, comme pour y chercher quelque chose.
Hmm ton plan est bien trop simple… tu laisses une voie d'échappatoire à cette enflure... Namubiru ! Envoie un message au groupe de Ramses et dit lui de traverser la rivière à l'Ouest discrètement et de ne pas engager le combat à moins d'y être contraint. Je veux qu'il contourne la position d'Odongo et qu'il tienne une embuscade sur la route de l'ouest vers Kalongo.
A vos ordres, camarade Général !
Le vieux chef de guerre se redressa, les mains sur les hanches, l'air sûr de lui.
Camarades, vous savez quoi faire ! Je vous laisse débriefer vos hommes ! Demain au lever du soleil, Odongo servira de repas aux vautours et les gens du Sud connaîtront enfin la liberté !
Chronique VII
Au Nom du Père
Raconté par Le Prêtre.
Au Nom du Père
Le vent soufflait bruyamment dans la charpente ruinée de l'église où étaient rassemblés une trentaine de fidèles. Au centre de l'édifice, un homme vêtu d'une grande robe noire poussiéreuse avec un crucifix en bois autour du cou. Il marchait d'un air solennel le long de la nef en direction de l'hôtel.
Sur les bancs de l'église, se trouvaient des hommes et des femmes habillés en haillons pour la plupart, agrippant des crucifix et autres bibelots. Ils observaient tous le prêtre dans un silence glaçant.
Le Prêtre Grimpa les marches ruinées de l'hôtel, présenta sa bible vers le ciel avant de la poser sur l'hôtel. L'atmosphère était tellement pesante que personne n'osait émettre le moindre son. Il s'avança devant la foule, se racla la gorge et prit la parole.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit !
Amen !
Répondit le public en chœur.
Que le Seigneur soit avec vous
Et avec votre esprit
Le Prêtre feuilleta quelques pages sur son pupitre et repris la parole.
Mes Enfants ! Reconnaissez vos péchés devant le Seigneur car seul lui peut vous pardonner et vous accorder le don de la vie éternelle !
La prêtre marqua une pause, et l'assemblée se mit à chanter à la gloire de Dieu pendant quelques minutes. Les cordes vocales de la foule faisant vibrer l'édifice en ruine, la lumière du soleil passant à travers la toiture et les vitraux brisés rajoutant à l'expérience.
Prions le Seigneur !
Amen
Le prêtre prit une feuille sur le pupitre et se mit à la lire à haute voix.
Saint Mathieu nous dit ceci… "Il en sera de même à la fin du monde. Les anges viendront séparer les méchants d'avec les justes, et ils les jetteront dans la fournaise ardente,".
Le prêtre s'arrêta de parler quelques secondes, comme pour trouver les bons mots pour diriger la foule.
Le Monde a déjà été purgé, les Anges sont déjà venus et nos ancêtres ont été jetés dans les flammes du purgatoire ! Mais ils n'ont pas emmené tous les justes comme vous mes enfants ! Nous sommes les Élus que Dieu a choisi de maintenir sur la Terre pour continuer la lutte contre le péché et le Malin !
Il descendit de son pupitre pour s'adresser plus directement à la foule.
Nous avons comme devoir de combattre l'hérésie et le péché partout où nous allons ! Demain nous apporterons cette parole sainte à la ville voisine et nous montrerons à ces pêcheurs un aperçu de ce qu'il les attend au Purgatoire !
Il prit son crucifix et le présenta devant le public.
L'Église est votre guide mes enfants ! Et je suis un de ses Bergers ! Gloire au Seigneur !
Chronique VIII
Nuit napolitaine
Raconté par Rosa.
Nuit napolitaine
Le soleil se couchait dans le petit village en ruine qui servait de camp de base à Rosa, Amelia et leurs amis. Ils marchaient tranquillement sous les derniers éclats du soleil, le chant des cigales couvrant le bruit de leurs pas dans les ruelles délabrées.
Au loin, une petite bâtisse aux murs renforcés avec divers matériaux de fortune arborait une petite lampe à huile sur la devanture. Le groupe s'y dirigea promptement avant d'y rentrer.
Rosa et Amelia s'assirent l'une contre l'autre dans un vieux canapé recouvert de bouts de tissu raccommodé. D'autres membres du groupe firent de même dans les chaises et autres matelas de fortune autour de la table du centre de la pièce. Au même moment, Giovanni ouvrit un placard pour sortir une bouteille poussiéreuse et quelques verres, une araignée manquant de faire trébucher le bonhomme. Il se dirigea vers la table et y déposa les verres un à un avant de les remplir d'un liquide jaune citron. Il s'assit et saisit son verre avant de prendre la parole.
Santé les amis ! Le village est enfin débarrassé de la meute de lion dans les collines donc j'ai pensé qu'on allait pouvoir fêter ça tous ensemble !
Santé ! Mais… Comment tu sais ça ?
Dit Rosa, en amenant son verre à ses lèvres.
Je te rappelle que je suis à la garde, donc je suis au courant de tout ce qui se passe avec les éclaireurs, accessoirement j'ai entendu la doyenne dire que les restrictions allaient être levées.
Amelia fit un bond dans son siège.
C'est vrai ?!! Enfin !
Ha bah je te mens pas, toi et Rosa allez enfin pouvoir faire votre balade que vous aviez prévue au début de l'été
Le visage de Rosa s'empourpra légèrement.
C'est vrai, avec le temps j'avais presque oublié... Les sources chaudes doivent être tellement agréables le soir.
Giovanni se servit un second verre de liqueur et continua la discussion.
En plus vous allez avoir de la chance, il n'y a pas trop de nuages cette semaine, si vous montez sur la colline près du village sur le chemin vous allez avoir une superbe vue de la baie
J'y suis jamais allé mais d'après des copains de la garde on peut voir les vieilles ruines carbonisées de Naples au loin et tous les cratères autour.
Les deux jeunes filles échangèrent un regard succinct avant qu'Amelia prenne la parole en se grattant la tête.
Hmm, c'est vrai que ça pourrait être sympa, on pourrait y faire un petit pique-nique, j'ai quelques fruits secs en stock.
Oh oui ! Ça serait une super idée ! Je ramènerai des noix aussi !
S'exclama Rosa.
Giovanni se leva après s'être servi d'un troisième verre de liqueur.
He bah écoutez, encore une fois Santé ! Bonne escapade demain ! Et bonne nuit tout le monde ! Demain je suis de garde tôt faudrait pas que je loupe le réveil…
Chronique IX
Mystère et boule de gomme
Raconté par Dr. Mackenzie.
Mystère et boule de gomme
La lampe de bureau illuminait d'un jaune pâle le bureau étroit où Mackenzie était occupé à feuilleter des notes. Dans le bourdonnement électrique de la lampe halogène, il s'entendait à peine penser. Il se grattait le haut de la tête furieusement, comme exacerbé par ses recherches.
Il prit un vieux stylo bille et une feuille de papier jaunie et commença à écrire quelques lignes…
Dr. Mackenzie, chef de la division de recherche, Cheyenne Mountain.
Notes de recherche N°134
Causes possibles de la fin du 21e siècle - Etudes des températures et des sols
Dans mes précédentes notes, j'ai expliqué comment le réchauffement climatique avait pu être une des causes. Aujourd'hui je vais m'étendre sur ce thème grâce aux dernières analyses de mon équipe sur le sujet.
Il y a un mois de cela, une équipe dirigée par le Sergent Jefferson a été envoyée à ma demande pour récolter des échantillons de sols autour de Colorado Springs. Cette curieuse demande a fait suite à ma récupération des relevés de température moyens de la base après sa "recolonisation" de 2138.
J'ai pu noter de fortes températures à cette date, suite à un croisement avec des données récupérées dans un vieux centre météorologique d'avant crise, j'ai pu déterminer que nos températures se trouvaient à près de 3.8°C au-dessus des moyennes d'autrefois.
J'ai observé aussi une baisse faible mais constante de ces températures, probablement due à la fin de l'activité humaine sur le globe ? A creuser dans une prochaine étude.
Cependant j'ai découvert une période, que j'ai nommée le pic glacial de 2180. Les températures de cette période indiquent une baisse comprise entre 4 et 5 degrés pendant près d'une dizaine d'années. Cette anomalie s'est dissipée au fil du temps sur les 100 dernières années.
Venons-en désormais à l'équipe du Sergent Jefferson. J'ai étudié les carottes de sol dans mon labo et j'ai pu noter plusieurs choses. Tout d'abord, une petite couche de plastique, une légère couche de mycélium et pour une période qui semble correspondre au Pic Glacial, une couche de cendre sur 1.2 centimètres.
Je vais devoir creuser cette hypothèse à l'avenir, mais j'ai plusieurs pistes, les fortes températures du 21e siècle pourraient avoir amené à une recrudescence presque apocalyptique des feux de forêt et incendies divers. Une seconde hypothèse mène à penser qu'un évènement cataclysmique d'ordre extra-terrestre ou volcanique pourrait avoir eu lieu.
Je vais envoyer d'autres équipes dans les prochains jours pour étayer ces hypothèses.
Il posa son stylo bille, souffla un coup la poussière du bureau et vint presser l'interrupteur de sa lampe, plongeant la pièce dans la pénombre…